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Essais - Livre I Michel de Montaigne

Essais - Livre I

Michel de Montaigne

Published February 16th 2012
ISBN :
Kindle Edition
397 pages
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 About the Book 

Ce ne sont mes gestes que jescris - cest moi, cest mon essence. Je tien quil faut estre prudent estimer de soy, et pareillement conscientieux en temoigner : soit bas, soit haut, indiffèremment. Si je me semble bon et sage tout a fait, jeMoreCe ne sont mes gestes que jescris - cest moi, cest mon essence. Je tien quil faut estre prudent estimer de soy, et pareillement conscientieux en temoigner : soit bas, soit haut, indiffèremment. Si je me semble bon et sage tout a fait, je lentonnerai pleine teste. De dire moins de soi, quil ny en a, cest sottise, non modestie : se payer de moins, quon ne vaut, cest laschetè et pessimiste,selon Aristote. Nulle vertu ne sayde de la fausseté: et la verité nest jamais matière derreur. De dire de soy plus quil nen y a, ce nest pas toujours présomption, cest encore souvent sottise. Se complaire outre mesure de ce quon est, en tombant en amour de soi indiscrete, est à mon advis la substance de ce vice. Le supreme remede le guérir, cest faire tout le rebours de ce que ceux ici ordonnent, qui en défendant le parler de soi, défendent par consequent encore plus de penser à soi. Lorgueil gist en la pens?e : la langue ny peut avoir quune bien legere part. ?? Ce ne sont mes gestes que jescris - cest moy, cest mon essence. Je tien quil faut estre prudent ? estimer de soy, et pareillement conscientieux ? en tesmoigner : soit bas, soit haut, indifferemment. Si je me sembloy bon et sage tout ? fait, je lentonneroy ? pleine teste. De dire moins de soy, quil ny en a, cest sottise, non modestie : se payer de moins, quon ne vaut, cest laschet? et pusillanimit? selon Aristote. Nulle vertu ne sayde de la fausset? : et la verit? nest jamais matiere derreur. De dire de soy plus quil nen y a, ce nest pas tousjours presomption, cest encore souvent sottise. Se complaire outre mesure de ce quon est, en tomber en amour de soy indiscrete, est ? mon advis la substance de ce vice. Le supreme remede ? le guarir, cest faire tout le rebours de ce que ceux icy ordonnent, qui en defendant le parler de soy, defendent par consequent encore plus de penser ? soy. Lorgueil gist en la pens?e : la langue ny peut avoir quune bien legere part. ?? Ce ne sont mes gestes que jescris - cest moy, cest mon essence. Je tien quil faut estre prudent ? estimer de soy, et pareillement conscientieux ? en tesmoigner : soit bas, soit haut, indifferemment. Si je me sembloy bon et sage tout ? fait, je lentonneroy ? pleine teste. De dire moins de soy, quil ny en a, cest sottise, non modestie : se payer de moins, quon ne vaut, cest laschet? et pusillanimit? selon Aristote. Nulle vertu ne sayde de la fausset? : et la verit? nest jamais matiere derreur. De dire de soy plus quil nen y a, ce nest pas tousjours presomption, cest encore souvent sottise. Se complaire outre mesure de ce quon est, en tomber en amour de soy indiscrete, est ? mon advis la substance de ce vice. Le supreme remede ? le guarir, cest faire tout le rebours de ce que ceux icy ordonnent, qui en defendant le parler de soy, defendent par consequent encore plus de penser ? soy. Lorgueil gist en la pens?e : la langue ny peut avoir quune bien legere part. ?? Ce ne sont mes gestes que jescris - cest moy, cest mon essence. Je tien quil faut estre prudent ? estimer de soy, et pareillement conscientieux ? en tesmoigner : soit bas, soit haut, indifferemment. Si je me sembloy bon et sage tout ? fait, je lentonneroy ? pleine teste. De dire moins de soy, quil ny en a, cest sottise, non modestie : se payer de moins, quon ne vaut, cest laschet? et pusillanimit? selon Aristote. Nulle vertu ne sayde de la fausset? : et la verit? nest jamais matiere derreur. De dire de soy plus quil nen y a, ce nest pas tousjours presomption, cest encore souvent sottise. Se complaire outre mesure de ce quon est, en tomber en amour de soy indiscrete, est ? mon advis la substance de ce vice. Le supreme remede ? le guarir, cest faire tout le rebours de ce que ceux icy ordonnent, qui en defendant le parler de soy, defendent par consequent encore plus de penser ? soy.